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L'arbre au pendu
L'arbre au pendu
«Il y a fort longtemps, le sire Amaury de Joux partit en croisade, délaissant sa ravissante épouse Berthe. À son retour, alors qu'il goûtait déjà le bonheur des retrouvailles, il la surprit à l'ombre d'un pommier dans les bras d'un preux chevalier. Pour laver cet affront, il fit pendre l'intrigant à cet arbre et enfermer la belle dans un cachot dont l'unique meurtrière donnait sur le corps de l'amant, qui tournoyait au gré des vents...»
Comment Florentin aurait-il pu prévoir que l'écho de cette vieille histoire racontée à la veillée retentirait sur le destin de sa propre fille Marion, dont l'époux est prisonnier en Allemagne depuis si longtemps...
Les veillées, devenues rares, ne se terminaient jamais très tard, mais leur rituel persistait au cours de ces périodes troublées. Les femmes y apportaient leur ouvrage, les hommes leur présence ; et, compte tenu des coupures de courant, la lampe à pétrole brûlait davantage que l'électricité. La conversation ne se rapprochait de la guerre que pour demander des nouvelles des prisonniers...