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Catherine de Médicis
Le 28 juillet 1533, la jeune Catherine de Médicis, duchesse d'Urbino, épouse à Marseille le duc d'Orléans, futur Henri II de France. Nul n'imagine, en ce jour de fastes nuptiaux, bénis par le pape Clément VII en personne, que la jeune princesse italienne est appelée à exercer la réalité du pouvoir pendant trente ans. De 1559 à 1589, Catherine, régente ou conseillère de ses fils François II, Charles IX et Henri III, tient la barre de l'État au milieu des troubles de religion.
Usant tour à tour du charme, du compromis et de la force, Catherine s'attache infatigablement à pacifier un royaume déchiré par la lutte à mort entre catholiques et huguenots, à sauver la dynastie des Valois, que menacent les cabales et révoltes des grands, à maintenir le rang d'une cour que minent l'intrigue et le meurtre. Mécène fastueux, collectionneuse passionnée, protectrice de Ronsard, Ambroise Paré ou Bernard Palissy, elle perpétue à travers bals, fêtes et entrées la grande tradition de la Renaissance française, véritable instrument politique au service du prestige monarchique. Ni réquisitoire ni apologie, la biographie classique de Jean-Hippolyte Mariéjol a, la première, restitué l'image vraie d'une femme décriée, dès son temps, comme la «massacreuse» de la Saint-Barthélemy, la maîtresse des complots et de l'assassinat, entourée d'une cour d'assassins et de putains. Tour à tour souple et impitoyable, elle a défendu, au milieu de la tourmente civile, une famille, un pays et un peuple qui ne l'ont guère payé de retour.
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