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A eux y (oh !) eus : conte
A eux y (oh !) eus : conte
Ce conte se passe en des temps très anciens, des temps très autres : la France de droite tremble sous le knout socialiste, les poètes inventent pour la fille de l'empereur de Chine des roses toutes bleues d'être blanches, des manieurs d'imparfaits du subjonctif postillonnent dans la lucarne vespérale, Maître Yvain souffle dans son biniou et l'on peut (je vous jure !) s'en griller une aux comptoirs luisants des fins de nuit. Le malheur, en ces antans-là, offre au coeur qu'il serre une espèce de grain moins rugueux que tendre, un arôme et une saveur moins indubitables que sapides. Ou est-ce le bonheur ? Va-t'en savoir : cela se passe en des temps si anciens... L'amour, de même, diffère - d'un bouquet, d'un entêtement, d'un étourdissement, d'un empressement de chose aussi nécessaire que vague, aussi vaguement nécessaire que - que la mort, peut-être ?
La mort ? Drôle d'idée...
Bref, ce sont temps déraisonnables et des voyelles suffisent - AEIOU - pour titrer d'improbables contes où d'aucuns se figurent tout un roman : en d'autres époques, on eût appelé ça «la jeunesse». Oisive jeunesse, n'est-ce pas ? Mais il a passé, ce temps tentant, comme telle qui chantait à voix de seraine.
À moins que, justement, nous ne soyons depuis lors - eux, elle, lui, vous, moi, tous - immortels.
Immortels ? Plutôt crever !
Or donc - à eux y (oh !) eus - il aura été une fois...
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