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Réquisitoire d'un funambule
Réquisitoire d'un funambule
«Dans Réquisitoire d'un funambule, François Reibel est l'homme qui est sur le fil ; le passé semble disparaître à chaque pas, avec violence et innocence. Le présent, pour le funambule, c'est le vide, et ce vide, c'est l'immanence de la modernité. Paradoxe. Celle-ci, à chaque instant d'équilibre, nous empêche de vivre le moment sereinement, et nous fait pourtant respirer chaque jour. Tous les hommes, dans cette drôle d'époque à laquelle nous assistons, avec l'impression de ne pas y appartenir, ne sont-ils pas sur ce fil, ce fil qui est une prison sur laquelle la sérénité d'une vie paisible, entre ces trois temps déclinés, passé, présent, futur, forment des murs, comme sont les lames d'un rasoir ?
Bémol au diapason ? L'homme moderne est condamné à vivre sans espoir réel, et son présent n'est jamais savoureux ; car l'immanence ne permettra jamais aux hommes de se construire sans racines, sans une conjugaison de lui-même, sans une certaine forme de recherche introspective de clairvoyance.
Car, en effet, depuis longtemps, urbanisation de la pensée, le monde moderne se voudrait un sens et ne le trouve pas. Se livrer, livre et libre de lire et d'écrire : tentative d'un équilibriste des mots aux abords de l'absurde.»
Berdeforcal